Kobe Bryant a disparu à l’âge de 41 ans dimanbít 26 janvier 20đôi mươi dans un accident d’hélicoptère en Californie. Sa vingtième et dernière saison de NBA en năm ngoái avait éngã l’occasion de revenir sur une carrière hors norme. Le joueur avait tout gagné sur les parquets. La star laissera l’image d’un leader impitoyable, bourreau de travail qui fascinait et détonait. Retour sur un destin hors du commun, de l’Italie en passant par la France pour finir à Los Angeles, là où il a bâti un palmarès incroyable. Cette disparition prématurée ajoute à la légende d’un génie en clair-obscur.

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L"un des clinkerhq.comifs les plus titrés (cinq bagues de champion), les mieux payés (25 millions de dollars pour la saison à venir) et les plus populaires du XXIe siècle (il est accueilli chaque éxẻ comme un demi-dieu en Chine) possède austê mê l’une des personnalités les plus déroutantes d’une ligue où tout est d’ordinaire mê mẩn lisse. En năm ngoái, Kobe Bryant fait encore figure d’éléphant dans ce joli magasin de porcelaine qu’est la NBA. Il attise la polémique, divise ses pairs, ranime les rivalités et maintient la flamme d’un basket révolu : celui des cols bleus et du trash-talking, celui où le dress code n’était pas encore entré en vigueur, où les Lakers foulaient encore le parquet du Forum d’Inglewood et Michael Jordan celui du United Center de Chicago.

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Posée au cœur des monts Réatins, à une centaine de kilomètres au nord de Rome, la ville de Rieti est considérée du fait de sa position géographique comme le nombril de l’Italie. Ses environs sont aujourd’hui propices à la randonnée, à la pratique du vélo tout-terrain en éxẻ et du ski en hiver. Mais il y a trente ans, la commune vibrait d’abord au rythme des performances de son équipe de basket, l’AMG Sebastiani Rieti, alors sociétaire de la première division. Le PalaSojourner, petite arène construite à l’extérieur du centre-ville, accueillait régulièrement plus de fans qu’elle ne pouvait en contenir. Au milieu des années 1980, elle était bercée par la clameur d’un refrain repris par quelques 3000 supporters qui chantaient à s’en abîmer la voix: «Quel joueur est meilleur que Magic ? Quel joueur est meilleur que Jabbar ? C’est Joseph ! Joseph Bryant !»

«Joe», arrivé en Italie durant l’éxẻ 1984 en provenance de Houston, avait évấp ngã subjugué par la ferveur des fans italiens. Après huit saisons passées en NBA, le natif de Philadelphie pensait avoir vécu ce qui se faisait de mieux en termes d’enthousiasme populaire pour la balle orange. Comment pouvait-il imaginer qu’à Rieti, les supporters agitaient leurs drapeaux sans discontinuer durant toute la rencontre, jetaient des pièces de monnaie sur les joueurs adverses et chantaient en sautant, comme s’ils étaient montés sur ressorts, à en faire trembler le parquet ? Aux Etats-Unis, Joe était surnommé «Jelly Bean», comme le bonbon gélatineux, pour sa mollesse et sa tendance à prendre rapidement du poids. Vedette des playgrounds de Pennsylvanie dans sa jeunesse, on le disait en avance sur son temps. En revanbít, un peu trop sûr de ses qualités de basketteur, il s’entraînait a minima, monopolisait la balle, se contentait de travailler son shoot et n’accordait qu’une importance secondaire à la dimension tactique du jeu. A une époque où le dunk était interdit en NCAA, il était ce genre de joueur qui n’hésitait pas à écraser quand même le ballon dans l’arceau, parce qu’il estimait que l’euphorie procurée par le geste valait bien deux lancers-francs offerts à l’adversaire.

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A 30 ans, n’ayant pas réusmê say à relancer sa carrière du bon côbổ de l’Atlantique, l’intérieur s’était envolé avec sa femme Pam et ses trois enfants pour le centre de la Botte. Tout ce qui le rendait ingérable en NBA séduisait les supporters de Rieti : un penchant naturel pour le scoring, un sourire généreux en toutes circonstances, une inébranlable confiance en soi. «C’était un garçon charmant, qui avait beaucoup de choses à raconter, se rappelle Chris Singleton, l’entraîneur américain devenu consultant pour BeIN clinkerhq.coms, qui a coaché Joe Bryant durant quelques mois. Il était sympa et agréable. Je garde le souvenir de quelqu’un de très ouvert, facile à vivre». Ses équipiers avaient également appris à apprécier cet étrange nouveau-venu, qui prenait pour habitude de prophétiser ses propres performances avant le début de chaque rencontre («ce soir, je marquerai plus de 30 points», annonçait-il dans le vestiaire). Un soir, il avait promis qu’il franchirait la barre des 70. Il n’y est jamais parvenu. En revanđậy, il a réustê mê deux matches à plus de 50 unités au compteur, achevant ses deux saisons à Rieti avec une moyenne de 35 points.

Apprécié, reconnu, Joe se plaisait en Europe. Rentrer aux Etats-Unis chaque éngã lui suffisait. Il s’entraînait deux fois par jour mais pouvait prendre ses repas à la maison, en famille. Il jouait presque tous les dimanches et trouvait le temps pour faire de longues balades avec ses enfants, dans les montagnes environnantes. Le lundi, jour de repos, il les emmenait à Rome ou à Florence. Avant l’entraînement du soir, le reste de la semaine, il allait récupérer son plus jeune fils à l’école. Pendant que les joueurs de Rieti travaillaient leurs systèmes, le gamin de six ans shootait, inlassablement, sur un panier installé dans un coin de la salle. A la mi-temps des matches, il lui arrivait de faire son entrée sur le terrain et d’enchaîner les swishs sous les applaudissements des quelques fans restés en tribune, avant que son père ne le congédie gentiment pour reprendre la partie. Kobe Bryant allait alors se rasseoir : un jour, se persuadait-il en mâchant son chewing-gum, c’est tháng nom que le public chantera.


Le parcours de Kobe Bryant est indissociable de celui de son père sur le continent européen. La famille y a passé huit années, de 1984 à 1991, période durant laquelle Joe a joué, outre à Rieti les deux premières saisons, à Reggio Calabria, à l’extrême sud du pays, puis à Pistoia, en Toscane, avant de rejoindre Reggio Emilia. Scolarisé dans chacune de ces villes, le jeune garçon n’a souffert que quelques mois de sa méconnaissance linguistique, travaillant sans compter avec ses deux grandes sœurs, Sharia et Shaya, pour combler son retard. A sept ans, il parlait couramment l’italien. Il est aujourd’hui bilingue – ce n’est donc pas un hasard s’il s’était montré tenvấp ngã par une pige à Bologne pendant le lockout 2011, d’autant que le club était prêt à lui offrir un contrat de plus de 3 millions de dollars sur 35 jours – et s"exprime dans les médias transalpins avec un accent et un phrasé impeccables.

A l’époque, il était un gamin dans l’ombre de sa star de père qu’il suivait dans tous ses déplacements, un ballon sous le bras, jamais loin du panier à l’échauffement, sur le parquet à la pause, derrière le banc pendant les temps-morts. «Nous savions déjà que nous faisions face à un petit phénomène, raconte dans le quotidien local El Piccolo Giovanni Grattoni, coéquipier de Joe Bryant à Reggio Emilia en 1990-91. Kobe était un garçon gentil et poli. Il traînait toujours avec sa mère et ses sœurs ; parfois, Joe le laissait jouer avec nous (…) Il avait réusham mê à copier les mouvements de son père. Je crois que cette expérience (en Europe) l’a façonné. Le basket italien de la fin des années 80, très technique, a eu une influence certaine sur le jeune Kobe».

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Des années plus tard, quvà il fera ses premiers essais à Los Angeles, les dirigeants des Lakers seront bluffés par ses fondamentaux individuels – sa maîtrise des appuis, du tir, du démarquage ou du dribble des deux mains, qui fera dire au manager Jerry West qu’il est «déjà au moins ausđam mê mature que n’importe lequel de nos joueurs». Toute sa carrière durant, Kobe Bryant fustigera la formation à l’américaine en vantant la capacingã du basket européen à ciseler des joueurs certes moins athlétiques mais plus techniques. «Le basket tel qu’il est enseigné (aux USA) est horrible, lâchera-t-il en janvier năm ngoái dans une longue diatribe. J’ai eu beaucoup de chance en grandissant en Italie. Red Auerbach, Tex Winter et d’autres grands entraîneurs participaient à des conférences: ils donnaient des cours aux autres coaches, et nous suivions leurs conseils comme on lit la Bible (…). On doit absolument arrêter des considérer les jeunes comme des vaches à lait. Les européens ont de meilleurs fondamentaux parce qu’ils ont appris le basket de la bonne manière».

Kobe Bryant jeuneKobe a appris le jeu « à l’européenne » dans les clubs des villes italiennes où jouait son père. Il est ici debout, à gaubít.Kobe s’était bien essayé au football, bien plus en vogue que le basket en Italie, mais en étant systématiquement renvoyé au poste de gardien de but, il avait vite compris qu’il n’y avait aucun avenir. Après les cours, avant que ses camarades ne monopolisent les buts implantés sous les paniers, il s’empressait de travailler son shoot et son dribble, seul, imitant avec une minutie extrême les mouvements de Magic Johnson. Le meneur des Lakers était son idole. Il apparaissait, grandeur nature, sur un immense poster accroché dans sa chambre en Italie. C’est lui que Kobe observait le plus, sur les vidéocassettes des matches que ses grands-parents envoyaient tous les deux jours depuis Philadelphie. Ils enregistraient les talk shows, les journaux télévisés, et les plus belles affiches de la NBA, que l’adolescent visionnait parfois à plusieurs reprises comme on regarde un bon film. Effondré à l’annonce de la séropositivixẻ de Magic, en novembre 1991, il avait refusé de manger pendant toute une semaine.

La famille Bryant venait alors de s’installer à Mulhouse, où Joe avait signé quelques semaines plus tôt. Le coach du FCM, Chris Singleton, se souvient : «On avait fait un premier recrutement qui ne s’était pas avéré très bon. Un agent, Didier Rose, m’avait alors proposé Joe Bryant, que je connaissais pour son bon début de carrière en NBA. J’avais besoin d’un joueur d’expérience : j’ai tenbửa le coup». La collaboration ne durera que quelques semaines. «Il n’avait plus les jambes, regrette Singleton. Et puis, les entraînements le matin, ce n’était pas du tout son truc. Je ne dis pas qu’il s’est comporxẻ comme une star, mais il n’avait pas vraiment pris le championnat français au sérieux».

« Les Bryant vivaient à l’hôtel. Il y avait eu des plaintes car les clients entendaient un ballon en pleine nuit. C’était Kobe qui s’entraînait dans les couloirs »

Comme Kobe ne parle pas un mot de français, ses parents l’ont inscrit à l’International School de Bâle, à 45 minutes de route de Mulhouse. «Je ne sais pas quand il allait à l’école. Je le voyais à tous les entraînements du soir», sourit Singleton. Le coach n’a jamais oublié le garçon de 13 ans, constamment dans l’ombre de son père dès lors que ce dernier portait un maillot de basket. «Kobe avait toujours un ballon en main. Toujours. Il dribblait partout, même au restaurant, assure l’ancien entraîneur du club alsacien. Les Bryant vivaient à l’hôtel. Il y avait eu des plaintes, car les clients entendaient un ballon taper contre le mur ou au sol, en pleine nuit : c’était Kobe qui s’entraînait dans les couloirs». Au Palais des clinkerhq.coms, le garçon attend la fin des séances pour jouer en un-contre-un face aux pros. «On voyait déjà le feu, raconte Singleton. Il voulait défier tout le monde. Il allait souvent voir Jimmy Vérove en lui disant ‘ball’. Ça voulait dire, ‘on joue’. C’était sa phrase. Il était vraiment différent, très mature. A 13 ans, il avait déjà ciblé ce qu’il voulait faire dans la vie : jouer en NBA».

Kobe Bryant jeuneLes Bryant sortaient souvent avec la famille de Tamika Catchings, l’actuelle star d’Indiamãng cầu (WNBA), dont le père jouait ausyêu thích en Italie. Kobe est à droite, baskets blanches et chemise ouverte.Hors de forme, Joe Bryant est viré par le club après onze rencontres. L’aventure européenne, et par conséquent sa carrière, est terminée. Il ramène toute la petite famille aux Etats-Unis, où il prkết thúc les rênes de l’équipe féminine d’une petite école (l’Akibố Hebrew Academy), dans les environs de Philadelphie. Kobe ne change pas ses habitudes et s’entraîne à l’écart, sans jamais prononcer le moindre mot, pendant que son père prover ses marques au coaching. A l’approbịt de son quinzième anniversaire, il parvient désormais à dunker. A la fin des séances, puisqu’il n’a plus aucun adversaire pro à narguer, il s’associe avec Joe et se lance dans des matches de deux-contre-cinq face aux joueuses d’Akicha, que les Bryant remportent toujours haut-la-main. Refusant de rompre totalement le cordon au moment où le fiston débute en 1992 sa scolaringã à Lower Merion High School, dans la banlieue ouest de Philly, Joe se met à coacher les juniors de l’établissement, classé parmày les 60 meilleurs lycées du pays mais peu répubổ pour son programme basket.

Quvà il débarque au lycée, Kobe est le «fils de», le petit protégé du coach Gregg Downer, qui à 15 ans termine meilleur marqueur d’une équipe défaite trăng tròn fois en 24 matches. A la fin de son année senior, en 1996, il est considéré comme le meilleur lycéen de tous les Etats-Unis, celui qui a mené Lower Merion jusqu’au titre du championnat d’Etat (une première depuis plus de 50 ans, voir les highlights de la finale ci-dessous) avec des moyennes statistiques qui donnent le tournis : 30,8 points, 12 rebonds, 6,5 passes, 4 interceptions et 3,8 contres. Afin de voir en action le jeune athlète filiforme, on s’arrabít les places pour plus de 100 dollars à l’extérieur. «Il réussit des choses délirantes avec une balle en main», lâbịt Gregg Downer. Les plus grandes universités veulent s’offrir la pépite, ne serait-ce que pour un an. Mais Kobe est pressé.

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